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Je suis anachronique

Je suis anachronique

Je suis anachronique.
Cette phrase revient régulièrement dans mon esprit.
Elle est là aujourd’hui.


Je suis anachronique.


Comme si je n’étais pas de cette époque.
Je ne m’y reconnais pas en tout cas.
Je suis du passé ou du futur mais pas du présent.
Pas de ce présent là.
C’est peut être pour ça que je me suis toujours sentie en décalage.
Pas à ma place.
Comme si je n’appartenais pas à ce monde.
Jamais dans l’instant.
Un peu avant.
Un peu après.
Oscillant doucement sur la ligne du temps comme suspendue à un balancier géant.
Je me balance comme ça depuis un sacré moment.
Je pourrais me dire que c’est juste une vue de l’esprit.
Que je me convaincs moi-même de ma disharmonie existentielle, que, par le simple fait de me le dire, je le deviens, que je cultive de la sorte la dimension performative de mon être.

Je suis ce que j’énonce de moi


Ainsi, bien plus qu’être ce que je fais qui est en substance ce que j’ai retenu de mes lectures adolescentes de Sartre (et compris de celles-ci à partir du fameux « l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait »), je suis ce que j’énonce de moi (et, c’est sans doute dans le prolongement de la pensée de Sartre puisqu’il écrit juste avant ça « l’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence » ).
Je suis une somme d’intentions plus qu’une succession d’actions.
Je me définis autant par mes actes que par mes non-actes.
J’avance dans le monde pétrie de mes propres représentations de moi-même et modelée par elles.
Me penser en décalage me place d’emblée et sans aucun retour en arrière possible, en décalage.
Et, quoi que je mette en place pour réduire cette dissonance, qu’il s’agisse de méditation pleine conscience ou de prendre des cours de poterie, je demeurerai cette première intention (intuition ?) que j’ai eue de moi-même.
Le reste ne sera que de l’habillage, une façon d’empaqueter mon être dans un emballage plus joli ou plus politiquement correct, plus adapté à la société.
Plus en accord avec ce que je devrais être.


Selon qui ?


Peut-être selon une multitude de contraintes et d’exigences extérieures que j’ai intégrées en moi depuis très longtemps.
Tellement longtemps qu’il m’est impossible de déterminer qui est ce « qui ».
Ainsi, tendre vers un idéal de moi plus harmonieux est voué à l’échec.
Parce que je ne peux agir que sur la surface des choses.
Mon être profond est ancré dans autre chose que ça.
Mon être profond est originellement décalé 😊

Réflexion du jour, non, de toujours, en vrai !

Y a t’il d’autres anachroniques par ici ? 😉

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